Posted: Mon 7 Apr - 11:58 Post subject: Les négociations salariales restent dans la trappe à Smic
Les négociations salariales restent dans la trappe à Smic
La CFDT renouvelle sa demande de déconnecter l’évolution des minima de branche du salaire minimum et dénonce les effets pervers de la loi relative aux heures supplémentaires.
Une semaine avant la conférence sur le pouvoir d’achat et l’emploi du 23 octobre, se réunissait la sous-commission Salaires de la Commission nationale de la négociation collective. Le bilan des grilles au 20 septembre révèle que, sur 160 branches de plus de 5 000 salariés, 89 ont une grille salariale démarrant au Smic, 53 ont au moins un coefficient inférieur au Smic et devraient se remettre au niveau du salaire minimum avant la fin de l’année. En revanche, 18 branches, qui couvrent au total un million de salariés, continuent à démarrer sous ce seuil.
Pour Jean-Michel Martin, secrétaire confédéral, « il est regrettable que le Smic continue de jouer un rôle référent dans les négociations de branche et d’entreprise. Nous le redisons : le Smic doit être considéré comme un filet de sécurité ». La délégation CFDT a rappelé que « les négociations de branche doivent reposer sur la prise en compte des critères économiques et de ceux qui valorisent l’investissement dans le travail et le développement des qualifications. L’engagement des employeurs sur ces aspects pourrait valoir contrepartie aux allégements de charge ».
La CFDT a également insisté sur les risques que représente la remise en cause des accords de modulation du temps de travail issus de la mise en place des 35 heures. « L’exemple de la grande distribution, qui bloque toute négociation salariale en raison de désaccords sur le calcul des heures sup’ ’, est une première conséquence négative de la loi Tepa [loi fiscale de juillet] », remarque Jean-Michel Martin.
Les salariés sanctionnés. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a affirmé ses priorités : progressions de carrière, effectivité des négociations sur les classifications et réduction des écarts salariaux entre hommes et femmes. Il a souhaité intégrer une clause de rendez-vous chaque fois qu’une classification est dépassée par le Smic, avec une menace de refus d’extension si cette clause n’est pas activée. Pour la CFDT, « cette mesure renforce la polarisation autour du Smic et fait supporter la sanction par les seuls salariés ».